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Sortie du rapport de la mission d’observation du G7 le 19 septembre

10 septembre 2018

Dans le cadre du G7, la Ligue des droits et libertés a mené une mission d’observation conjointe avec Amnistie internationale Canada sur le respect des libertés civiles. La mission, composée d’une quarantaine d’observatrices et observateurs, a été déployée à Québec … Lire la suite

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Droit de manifester en danger : Amnistie et la Ligue interpellent les gouvernements et les partis

19 septembre 2018

Communiqué Pour diffusion immédiate Montréal – 19 septembre 2018. La Ligue des droits et libertés (LDL) et Amnistie internationale Canada (AI) rendent public aujourd’hui le rapport de leur mission conjointe d’observation des libertés civiles dans le cadre du G7. Ce … Lire la suite

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Le 30 septembre: Bessie Coleman, première aviatrice noire

10 septembre 2018

La Ligue des droits et libertés se joint au Festival International du Film Black de Montréal (FIFBM) pour co-présenter le film «Bessie Coleman, première aviatrice noire». Le 15 juin 1921, au terme d’une ultime épreuve, Bessie Coleman pose son Nieuport … Lire la suite

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Lutter contre l’analphabétisme pour assurer le plein exercice de tous les droits

30 janvier 2018

 

Revue Droits et libertés, Vol. 37, numéro 2, automne 2017

 

Caroline Meunier, responsable au développement des analyses et des stratégies Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ)

 

La maîtrise de la lecture et de l’écriture est le fondement indispensable qui permet aux jeunes et aux adultes de tirer parti des possibilités d’apprentissage à toutes les étapes de ce système continu. Le droit à l’alphabétisation est inhérent au droit à l’éducation. C’est une condition sine qua non du développement des moyens personnels, sociaux, économiques et politiques de chacun. L’alphabétisation est un moyen essentiel pour développer des compétences face aux défis et aux complexités changeants de la vie, de la culture, de l’économie et de la société. Cadre d’action de Belém, CONFINTÉA VI – Décembre 2009[1]

 

Selon les données du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA, 2013)[2], 19 % des Québécois âgés de 16 à 65 ans, soit plus d’un million d’adultes, ont de faibles compétences en littératie. La littératie y est définie comme « la capacité́ de comprendre, d’évaluer, d’utiliser et de s’engager dans des textes écrits pour participer à la société, pour accomplir ses objectifs et pour développer ses connaissances et son potentiel[3] ».

 

Ainsi, l’épanouissement de toute personne et sa capacité d’exercer ses différents rôles sociaux en toute autonomie, de comprendre le monde dans lequel elle vit et de s’y engager reposent notamment sur son niveau d’alphabétisme. Dans une société où l’on est constamment confronté à l’écrit sous des formes variées, ne pas maîtriser suffisamment la lecture et l’écriture représente déjà un facteur d’exclusion à la fois politique, économique, social et culturel.

 

Cette exclusion est encore plus exacerbée dans le contexte actuel où l’on exige des personnes des connaissances et des compétences de plus en plus élevées pour agir en tant que citoyennes, parents, travailleuses, consommatrices, etc. Un adulte faiblement alphabétisé fera ainsi face tout au long de sa vie à une multitude d’obstacles, lesquels compliqueront et parfois même rendront impossibles l’exercice de ses droits et sa participation à la vie collective sous toutes ses formes.

 

Tant le PEICA que l’enquête précédente de 2003[4] ont mis en lumière le fait que les adultes ayant de faibles compétences en littératie ont plus de difficulté à s’insérer ou à se maintenir en emploi, surtout lorsque leur milieu de travail subit d’importants changements organisationnels ou technologiques. Ces personnes sont aussi plus à risque de vivre des épisodes de chômage prolongés. Leurs revenus sont plus bas et elles déclarent plus fréquemment un moins bon état de santé que leurs concitoyens affichant un niveau de littératie plus élevé[5].

 

Ces études démontrent par ailleurs que les adultes se trouvant aux plus faibles niveaux de littératie ont un plus faible niveau de scolarité et participent de façon plus restreinte à la formation continue. S’il existe une forte corrélation entre le niveau d’alphabétisme d’une personne et son propre niveau de scolarité, ses compétences en lecture sont également tributaires de son milieu social d’origine, de la scolarité et du niveau de littératie de ses parents[6].

 

Bref, un faible niveau de littératie laisse des traces sur toutes les facettes de la vie des adultes. Ces derniers ne sont toutefois pas les seuls à en subir les conséquences. Elles se répercutent sur leur famille et sur l’ensemble de la société. En effet, les coûts économiques de l’analphabétisme représenteraient 2 % du produit intérieur brut (PIB) du Québec[7], soit environ sept milliards de dollars canadiens. Cela justifie amplement de faire de la lutte à l’analphabétisme, une priorité sociale et gouvernementale.

 

Vers une réelle lutte à l’analphabétisme?

En juin dernier, à la suite d’une vaste consultation menée à l’automne 2016, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, monsieur Sébastien Proulx, dévoilait sa nouvelle Politique de la réussite éducative. L’un des objectifs de cette Politique est « d’augmenter, d’ici 2030, de cinq points de pourcentage la part de la population adulte du Québec [démontrant] des compétences élevées en littératie[8] ». Pour y arriver, le gouvernement annonce notamment son intention d’élaborer une stratégie portant sur l’alphabétisation et la francisation.

 

En 2002 déjà, le gouvernement du Québec promettait, dans son Plan d’action en matière d’éducation des adultes et de formation continue, de mener en priorité des actions très vigoureuses en alphabétisation et d’augmenter de façon importante le niveau de formation de base de la population québécoise[9]. Pourtant, force est de constater que quinze ans plus tard, les niveaux de littératie des adultes québécois ne se sont pas améliorés. Comment expliquer cet échec?

 

Une partie du problème vient du fait que la lutte contre la faible littératie est trop souvent abordée uniquement sous l’angle de l’acquisition et du rehaussement des compétences, autrement dit de la formation. Bien que la dimension éducative soit fondamentale, elle ne suffit pas à elle seule à combattre efficacement l’analphabétisme. Ce dernier prend racine dans les inégalités sociales et économiques. Rappelons que les retards scolaires et le taux de décrochage des jeunes issus des milieux défavorisés demeurent importants au Québec[10] et que seul un faible pourcentage d’adultes peu alphabétisés participe à une démarche d’alphabétisation, que cela soit dans le réseau formel d’éducation (les centres d’éducation des adultes) ou dans le milieu non formel (les groupes populaires d’alphabétisation).

 

Manifestement, l’État ne peut plus faire reposer la lutte à l’analphabétisme sur les mêmes approches, ni se limiter à l’atteinte des mêmes objectifs et encore moins se contenter d’accorder à cette lutte les ressources faméliques qui lui ont été consacrées à ce jour.

 

Pour mieux combattre l’analphabétisme, d’importants efforts doivent être consentis, tant de la part des pouvoirs publics que de la société civile. Il nous faut agir collectivement sur plusieurs fronts à la fois en nous appuyant sur une vision globale, cohérente et partagée du problème de l’analphabétisme.

 

Comme le propose le Réseau de lutte à l’analphabétisme[11], le Québec a besoin d’une  stratégie qui propose des mesures structurantes s’attaquant à la fois aux causes et aux conséquences de l’analphabétisme et s’inscrivant dans une perspective de justice sociale, de droit à l’éducation et à l’apprentissage tout au long de la vie[12]. Tout comme cette stratégie ne peut se limiter à des mesures touchant l’éducation et la formation, elle ne saurait non plus se satisfaire de l’engagement du seul ministère de l’Éducation. Tous les ministères concernés devront intervenir activement dans son élaboration et sa mise en œuvre.

 

Pour améliorer le niveau de littératie de la population québécoise, la future stratégie gouvernementale devra donc inévitablement s’attaquer à la pauvreté et à l’exclusion sociale, à la fois causes et conséquences de l’analphabétisme. Tant que les personnes et les familles n’auront pas accès à un niveau de vie décent leur permettant de couvrir leurs besoins de base, l’exercice de leurs droits, particulièrement leur droit à l’éducation, s’en trouvera grandement compromis.

[1] UNESCO. (2009). Exploiter le pouvoir et le potentiel de l’apprentissage et de l’éducation des adultes pour un avenir viable – Cadre d’action de Belém, CONFINTÉA VI, UNESCO, p. 2.

[2] Conseil des ministres de l’Éducation (Canada) [CMEC]; Statistique Canada; Emploi et Développement social Canada. (2013). Compétences au Canada – Premiers résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) ANNEXE D, CMEC, p. 38.

[3] OCDE. (2013). Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2013 : Premiers résultats de l’Évaluation des compétences des adultes, Éditions OCDE, p. 64.

[4] Soit l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA, 2003). Statistique Canada. (2005). Miser sur nos compétences : résultats canadiens de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes, 2003, Ottawa, RHDCC, 246 p.

[5] Pour en savoir plus : Réseau de lutte à l’analphabétisme. (2016). Pour une stratégie nationale de lutte à l’analphabétisme : Plateforme du Réseau de lutte à l’analphabétisme, Réseau de lutte à l’analphabétisme, 23 p. ET Venne, Jean-François. (2006). Analyse de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), RGPAQ, 122 p.

[6] Institut de la statistique du Québec. (2015). Les compétences en littératie, en numératie et en résolution de problèmes dans des environnements technologiques : des clefs pour relever les défis du XXIe siècle Rapport québécois du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), ISQ, p. 87.

[7] World Literacy Foundation. (2015). The Economic & Social Cost of Illiteracy : A snapshot of illiteracy in a global context, p. 8.

[8] https://securise.education.gouv.qc.ca/politique-de-la-reussite-educative/politique-de-la-reussite-educative/

[9] Gouvernement du Québec. (2002). Plan d’action en matière d’éducation des adultes et de formation continue : Apprendre tout au long de la vie, Ministère de l’Éducation, p. 4 et 5.

[10] RGPAQ. (2016). Consultations publiques sur la réussite éducative L’éducation, parlons d’avenir, mémoire soumis au ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, monsieur Sébastien Proulx, RGPAQ, p. 10.

[11] Ce Réseau, créé à l’initiative de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) et du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ) et composé de vingt organisations nationales, s’est donné pour mission de mobiliser la société civile en vue de l’adoption, par le gouvernement du Québec, d’une stratégie nationale de lutte à l’analphabétisme. En savoir plus : http://lutteanalphabetisme.ca

[12] Voir à ce sujet la plateforme du Réseau de lutte à l’analphabétisme Pour une stratégie nationale de lutte à l’analphabétisme. En ligne : http://lutteanalphabetisme.ca/wp-content/uploads/2016/05/Plateforme-Réseau-de-lutte-à-lanalphabétisme-VFc.pdf

 

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Publié dans Revue LDL

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