Les droits humains : un rempart face aux dérives actuelles!

Déclaration de l’assemblée générale annuelle de 2026 de la Ligue des droits et libertés (Montéal, le 27 mai 2026)

Les membres de la Ligue des droits et libertés (LDL) étaient réuni·es ce 27 mai 2026 pour un moment important de la vie démocratique de l’organisation, à savoir l’Assemblée générale annuelle. Iels ont adopté à l’unanimité une motion de solidarité avec le mouvement des flottilles et les centaines de participant·es kidnappé·es par Israël, dont madame Safa Chebbi, membre du conseil d’administration de la LDL. Les 29 avril-1er mai et 18 mai-21 mai 2026, plus de 600 personnes de plus de 40 pays participant à la mission civile maritime Global Sumud Flotilla et à la Flottille pour la liberté visant à briser le blocus illégal de Gaza ont été illégalement arraisonnées par l’armée israélienne dans les eaux internationales et soumises à des violences extrêmes, incluant des actes de torture et des agressions sexuelles. La LDL exhorte à nouveau le gouvernement du Canada à adopter immédiatement des sanctions contre Israël ainsi que le gouvernement du Québec à fermer son bureau à Tel-Aviv, attendu que le génocide contre le peuple palestinien se poursuit.

Les membres de la LDL réitèrent également l’importance de la mission de la LDL et de l’ensemble des regroupements, coalitions et organisations qui défendent bec et ongles les droits et libertés, dans un contexte qui plus que jamais les met en péril. L’assemblée a ainsi souligné l’ampleur des enjeux qui se sont présentés ou aggravés au cours des derniers mois et années, et qui soulèvent des préoccupations transversales majeures en qui a trait à la protection des droits de toutes et tous.

Les contre-pouvoirs qui constituent le socle d’une démocratie saine sont aussi affaiblis ou carrément menacés. Une érosion orchestrée touche ainsi le droit d’association et la capacité de mobilisation des syndicats, l’autonomie politique des organismes communautaires, la contestation sociale via notamment des entraves à la liberté d’expression et au droit de manifester et l’indépendance du personnel et le mandat de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ). Le tout est accompagné d’une remise en cause du pouvoir judiciaire, de l’État de droit et du régime de protection des droits et libertés.

La militarisation qui s’intensifie ici comme ailleurs menace une panoplie de droits et de personnes. Couplée à une nouvelle vague d’austérité, elle signifie des investissements majeurs dans les projets extractivistes et l’industrie de l’armement alors même que les conditions d’existence se dégradent et que le filet social s’effrite. La militarisation instaure un climat d’urgence, dont on tente de nous convaincre qu’il justifie l’adoption de mesures liberticides qui habituellement paraitraient inacceptables, notamment en matière de surveillance des populations. Alors que les conflits armés sont parmi les plus grandes sources d’émissions de gaz à effet de serre, l’urgence sécuritaire et la guerre économique sont invoquées pour justifier des reculs majeurs sur le plan de la démocratie et des processus de consultations entourant des projets préjudiciables pour l’environnement.

Devant ce sombre portrait, les membres de la LDL réitèrent leur volonté de renforcer les mobilisations sociales, d’y contribuer avec rigueur et conviction, et de continuer à résister à ces dérives qui menacent les droits de l’ensemble de la population.

Solidarité ! et merci à toutes les personnes et les organisations engagées dans la défense des droits humains.