Rapport d’activités 2021-2022

Consultez le rapport d’activités de la Ligue des droits et libertés pour en apprendre plus sur les réalisations et dossiers d’intervention, la promotion aux droits, sa vie associative, entre autres!

Nous vous invitons à consulter le le rapport d’activités de la Ligue des droits et libertés pour l’année 2021-2022   pour en apprendre plus sur :

  1. Réalisation des priorités 2021-2022
  2. Participation à des coalitions ou regroupements sur des enjeux de droits
  3. Promotion aux droits
  4. Vie associative
  5. Section de Québec de la LDL : rapport d’activités 2021-2022
  6. Gouvernance
  7. Liste des communiqués, interventions politiques et juridiques, publications, représentations et évènements  en 2021-2022

Mot du conseil d’administration

Pandémie, solidarités et démocratie

L’année 2021-2022 à la Ligue des droits et libertés (LDL), comme la précédente, a été marquée par la pandémie. Alors que nous apprenions tant bien que mal à « vivre avec le virus » et à se protéger, comme à protéger les autres, le gouvernement Legault renforçait sa stratégie répressive, basée sur la seule responsabilité individuelle plutôt que sur la responsabilité collective, sans considérer l’impact de ses actions sur les droits humains. L’absence de transparence, le manque de délibération et la gestion autoritaire des autorités provinciales ont entraîné des conséquences concrètes, particulièrement sur les groupes marginalisés ou vulnérabilisés. Pensons à l’instauration de couvre-feu, au profilage racial et social aboutissant à de nombreux constats d’infraction[1], à la limitation du droit de manifester, au déni de droits des personnes incarcérées ou en situation d’itinérance, etc.

Malgré les demandes répétées de la LDL et d’autres groupes, le gouvernement est resté insensible aux graves conséquences de la prolongation de l’état d’urgence sur les conditions de vie de nombreux groupes marginalisés, mais aussi à ses effets délétères sur notre démocratie. Outre l’importance de continuer à demander la fin effective et immédiate de l’état d’urgence (sans son prolongement à travers un projet de loi trompeur[2]), nous devons nous pencher sur cette difficulté à faire fonctionner l’appareil démocratique et exiger des moyens pour mettre fin à ce déficit démocratique, grandement accentué par la gestion de la COVID-19. Notons que, en plus de l’impossibilité de se prononcer démocratiquement sur les questions touchant la pandémie, d’autres dossiers ont pâti de ces dysfonctionnements et de l’absence de participation citoyenne. En effet, durant cette dernière année, tout semblait tourner autour de la gestion de la pandémie sur laquelle nous avions peu de prise, alors que d’autres urgences comme la crise environnementale, le système de santé au bout du rouleau, les inégalités scolaires ou les crises du logement, restaient sans réelle attention ni réponse et étaient approchées par les mêmes logiques : l’arbitraire, le paternalisme, la non-transparence, le manque de délibération.

Par ailleurs, la COVID-19 a durablement affecté nos capacités à nous mobiliser et à nous solidariser. Une certaine passivité, comme la montée du populisme et la polarisation des discussions publiques, ont aussi infiltré la vie politique québécoise. (Ré)apprendre à tisser des liens solidaires (au-delà de la distanciation sociale et des discours sur la responsabilité individuelle); voilà un des grands défis des prochaines années!  En effet, la pandémie a mis en évidence des constats qu’on a trop souvent tendance à ignorer : si quelqu’un-e est privé-e de droits, ce sont les droits de tous et toutes qui sont en danger; et, dans la même perspective, si un droit est bafoué, ce sont l’ensemble des droits qui seront affectés. C’est à travers ces solidarités, cette capacité de s’organiser ensemble que nous pourrons véritablement agir en fonction de ces interdépendances.

L’année 2022-2023 marquera le 60e de la LDL sur le thème Droits en mouvements. Cette réflexion sur solidarités et interdépendances traversera les célébrations et éclairera les accomplissements de la LDL depuis 1963. Plusieurs activités sont prévues pour souligner ce passé, mais aussi pour avancer vers l’avenir alors que partout dans le monde, les projets de société basés sur les droits humains restent des utopies fragiles, difficiles à faire advenir, mais plus que jamais nécessaires. C’est d’ailleurs dans la perspective de poursuivre ce travail déterminé, continu et transformateur que nous dédions humblement ce rapport d’activités à Lucie Lemonde qui nous a quitté-e-s cette année[3].


[1] Observatoire des profilages (mars 2022). Une approche punitive alarmante face à la pandémie de COVID-19 : analyse des données policières. En ligne :

https://www.observatoiredesprofilages.ca/wp-content/uploads/2022/03/Une-approche-punitive-alarmante-face-a-la-pandemie-de-COVID-19-analyse-des-donnees-policieres.pdf

[2] Voir le mémoire de la LDL : Mémoire : Le PL28 est une illusion, l’état d’urgence continue (avril 2022). En ligne : https://liguedesdroits.ca/memoire-le-pl-28-est-une-illusion-letat-durgence-continue/

[3] Pour en savoir plus sur l’engagement de Lucie Lemonde au sein de la LDL : Annonce du décès de Lucie Lemonde – La perte d’une militante des droits humains exceptionnelle – Ligue des droits et libertés