La LDL et l’ACLC réclament une Commission d’enquête publique sur le racisme policier au sein du SPVM et la fin des interpellations policières

Les récentes révélations d’actes racistes commis par des policiers du PDQ 39 de Montréal-Nord n’ont rien de surprenant pour les résident·es du quartier qui les subissent depuis des décennies. Le gouvernement du Québec doit immédiatement déclencher une Commission d’enquête publique sur le racisme policier au SPVM.
La LDL et l'ACLC réclament une Commission d’enquête publique sur le racisme policier au sein du SPVM et la fin des interpellations policières

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Communiqué de presse
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Racisme policier à Montréal-Nord

La LDL et l’ACLC réclament une Commission d’enquête publique sur le racisme policier au sein du SPVM et la fin des interpellations policières

Montréal, 15 juin 2026 — La Ligue des droits et libertés (LDL) et l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) dénoncent fermement les actes de racisme choquants impliquant des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à Montréal-Nord. La LDL et l’ACLC réclament conjointement la mise en place d’une Commission d’enquête publique indépendante, régie par la Loi sur les commissions d’enquête, portant sur le racisme policier et le profilage racial systémique au sein du SPVM, et la fin immédiate de la pratique arbitraire des interpellations policières (street checks).

Les enquêtes menées par des institutions policières ainsi que les mécanismes de plainte et de contrôle existants n’offrent pas les garanties d’indépendance et de transparence requises afin de répondre pleinement au bris de confiance de la population et des communautés directement touchées vis-à-vis les forces de l’ordre. La récente nomination d’un observateur indépendant pour suivre l’enquête du SPVM est elle aussi insuffisante. Une Commission d’enquête publique est nécessaire et son mandat doit être déterminé en concertation avec les communautés victimes du racisme policier et de profilage racial.

« Une Commission d’enquête publique sur le racisme policier au SPVM est nécessaire pour faire toute la lumière sur ce phénomène qui perdure depuis des décennies et pour entendre la voix des victimes de racisme et de violences policières, trop souvent ignorées par la classe politique. Il faut examiner le caractère systémique de ce phénomène, les pratiques policières qui le rendent possible, et les véritables actions que doivent prendre les autorités politiques » déclare Lynda Khelil, porte-parole de la Ligue des droits et libertés.

Bien que les plus récentes dénonciations concernent spécifiquement les agissements de policiers d’une unité du PDQ 39 de Montréal-Nord, une enquête approfondie et publique doit être menée au sujet de l’ensemble du SPVM afin de s’attaquer au racisme et au profilage racial systémiques rampants au sein des forces de l’ordre à Montréal.

Les récentes révélations publiques d’actes racistes commis par des policiers de Montréal-Nord n’ont rien de surprenant pour les résident·es du quartier qui les subissent depuis des décennies. Les tribunaux, des chercheur·ses, des organismes communautaires et des personnes victimes du racisme policier ont maintes fois dénoncé et documenté des pratiques policières alarmantes affectant les communautés noires, autochtones, arabes et autres communautés racialisées à Montréal. Des décisions judiciaires récentes ont reconnu le profilage racial au sein des corps policiers comme un problème systémique, notamment dans l’affaire Luamba actuellement devant la Cour suprême du Canada (sur les interceptions routières sans motifs), et l’affaire Lamontagne devant la Cour d’appel du Québec (sur les interpellations policières).

« Il ne s’agit pas d’un incident isolé », déclare Harini Sivalingam, directrice du programme Égalité à l’ACLC. « Les communautés qui sont victimes de profilage racial dénoncent depuis longtemps le traitement discriminatoire de la part des forces de l’ordre et les violations de leurs droits. » 

« Ces groupes marginalisés, tout comme la communauté montréalaise au grand complet, méritent un processus d’enquête qui identifiera et corrigera les failles institutionnelles, la culture et le manque d’imputabilité qui permettent à ce type de comportements et de dénis de droits de perdurer », ajoute Me Sivalingam.

La LDL et l’ACLC exigent également l’interdiction immédiate de la pratique des interpellations policières (contrôles d’identité arbitraires) et rappellent qu’une campagne en ce sens est en cours au Québec depuis février 2023, avec l’appui de plus de 100 organisations. En juin 2023, le directeur du SPVM, Fady Dagher, avait rejeté la recommandation d’un moratoire formulée par une équipe de chercheur·es indépendant·es, une action concrète immédiate qui permettrait de retirer une source documentée de profilage racial systémique et de protéger les citoyen·nes.

« La Ville de Montréal et le gouvernement du Québec doivent immédiatement mettre fin à la pratique arbitraire des interpellations policières. On ne peut pas attendre un soi-disant ‘’virage culturel’’ au sein du SPVM », déclare Lynda Khelil, porte-parole de la LDL. « Les réactions de consternation de la classe politique suite aux récentes révélations d’actes racistes par des policiers de Montréal-Nord révèlent une déconnexion avec la réalité quotidienne des citoyen·nes racisé·es qui dénoncent ces situations depuis des décennies », poursuit Mme Khelil.

La LDL et l’ACLC appellent conjointement les autorités provinciales et municipales, selon leurs compétences respectives, à:

1. Déclencher une Commission d’enquête publique sur le racisme policier et le profilage racial systémique au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM);

2. Interdire immédiatement la pratique arbitraire des interpellations policières (contrôle d’identité arbitraire ou street check), source documentée de profilage racial systémique.

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À propos de la Ligue des droits et libertés
Depuis 1963, la Ligue des droits et libertés (LDL) a influencé plusieurs politiques gouvernementales et projets de loi en plus de contribuer à la création d’institutions vouées à la défense et la promotion des droits humains. Elle intervient régulièrement dans l’espace public pour porter des revendications et dénoncer des violations de droits auprès des instances gouvernementales sur la scène locale, nationale ou internationale. Son travail d’analyse, de sensibilisation et de promotion est primordial pour que les droits humains deviennent la voie à suivre vers une société juste et inclusive, pour tous et toutes. Comme organisme sans but lucratif, indépendant et non partisan, la LDL vise à défendre et à promouvoir l’universalité, l’indivisibilité et l’interdépendance des droits reconnus dans la Déclaration internationale des droits de l’homme.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC)
L’ACLC est un organisme indépendant, national, non gouvernemental et non partisan fondé en 1964 dans le but de défendre et de promouvoir les libertés civiles, les droits de la personne et les libertés démocratiques de toutes les personnes au Canada. Son travail comprend la défense des droits, la recherche et les litiges liés aux libertés constitutionnelles fondamentales, au système de justice criminelle et pénale, au droit à l’égalité et au droit à la vie privée.

Pour informations et entrevues
Claude Rioux, Responsable des communications de la Ligue des droits et libertés
Cellulaire : 514 715-7727
Courriel : communications@liguedesdroits.ca

Alex Nanoff, Responsable des communications de l’Association canadienne des libertés civiles
Courriel :
media@ccla.org
Cellulaire: 613.709.6318


Press Release
For immediate release

Police Racism in Montréal-Nord

LDL and CCLA Call for a Public Inquiry Commission into Police Racism within the SPVM and a Ban on Street Checks

Montreal, June 15, 2026 — The Ligue des droits et libertés (LDL) and the Canadian Civil Liberties Association (CCLA) strongly condemn the shocking acts of racism involving officers of the Montreal Police Service (SPVM) in Montréal-Nord. The LDL and CCLA are jointly calling for the establishment of an independent public inquiry commission, governed by the Act Respecting Public Inquiry Commissions, to investigate police racism and systemic racial profiling within the SPVM, and for an immediate end to the arbitrary practice of street checks.

Investigations conducted by police agencies, as well as existing complaint and oversight mechanisms, do not provide the necessary guarantees of independence and transparency to fully address the breach of trust that the public and directly affected communities have experienced with law enforcement. The recent appointment of an independent observer to oversee the SPVM’s investigation is also insufficient. A public inquiry commission is necessary, and its mandate must be determined in consultation with the communities that are victims of police racism and racial profiling.

“A public inquiry commission on police racism within the SPVM is necessary to shed full light on this phenomenon, which has persisted for decades, and to hear the voices of victims of racism and police violence, who are too often ignored by politicians. We must examine the systemic nature of this phenomenon, the police practices that enable it, and the concrete actions that political authorities must take,” states Lynda Khelil, spokesperson for the Ligue des droits et libertés.

Although the most recent allegations specifically concern the actions of police officers from a unit of Montréal-Nord’s PDQ 39, a thorough and public investigation must be conducted into the entire SPVM in order to address the systemic racism and racial profiling that exists within Montreal’s police force.

The recent public revelations of racist acts committed by police officers in Montréal-Nord come as no surprise to neighborhood residents, who have endured them for decades. Courts, researchers, community organizations, and victims of police racism have repeatedly denounced and documented alarming police practices affecting Black, Indigenous, Arab, and other racialized communities in Montreal. Recent court rulings have recognized racial profiling within police forces as a systemic problem, notably in the Luamba case currently before the Supreme Court of Canada (concerning traffic stops without cause) and the Lamontagne case before the Quebec Court of Appeal (concerning street checks).

“This is not an isolated incident,” says Harini Sivalingam, director of the Equality Program at the CCLA. “Communities that are victims of racial profiling have long spoken out against discriminatory treatment by law enforcement and violations of their rights.” 

“These marginalized groups, just like the entire Montreal community, deserve an investigation that will identify and address the institutional failures, culture, and lack of accountability that allow this type of behavior and denial of rights to persist,” Ms. Sivalingam adds.

The LDL and the CCLA are also calling for an immediate ban on street checks and remind that a campaign asking for this ban and supported by more than 100 organizations has been underway in Quebec since February 2023. In June 2023, SPVM’s Chief Fady Dagher rejected a recommendation for a moratorium made by a team of independent researchers—a concrete, immediate action that would eliminate a documented source of systemic racial profiling and protect citizens.

“The City of Montreal and the Quebec Government must immediately put an end to the arbitrary practice of street checks. We cannot wait for a so-called ‘cultural shift’ within the SPVM,” said Lynda Khelil, spokesperson for the LDL. “The elected officials’ reactions of consternation following recent revelations of racist acts by Montréal-Nord’s police officers reveal a disconnect from the daily reality of racialized citizens who have been denouncing these situations for decades,” continued Ms. Khelil.

The LDL and the CCLA jointly call on provincial and municipal authorities, within their respective jurisdictions, to:

1. Launch a Public Inquiry Commission into police racism and systemic racial profiling within the Service de police de la Ville de Montréal (SPVM);

2. Immediately ban the arbitrary practice of street checks, a documented source of systemic racial profiling.

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About the Ligue des droits et libertés
Since 1963, the Ligue des droits et libertés (LDL) has influenced numerous government policies and bills, in addition to contributing to the creation of institutions dedicated to the defense and promotion of human rights. It regularly engages in public discourse to advance advocacy efforts and denounce human rights violations before government bodies at the local, national, and international levels. Its work in analysis, awareness-raising, and advocacy is essential to ensuring that human rights become the path toward a just and inclusive society for everyone. As a non-profit, independent, and non-partisan organization, the LDL aims to defend and promote the universality, indivisibility, and interdependence of the rights recognized in the Universal Declaration of Human Rights.

About the Canadian Civil Liberties Association
The CCLA is an independent, national, non-governmental and non-partisan organization that was founded in 1964 with a mandate to defend and foster the civil liberties, human rights, and democratic freedoms of all people across Canada. Our work encompasses advocacy, research, and litigation related to fundamental constitutional freedoms, the criminal justice system, equality rights, and privacy rights. 

For information and interviews
Claude Rioux, Communications Officer, Ligue des droits et libertés
Mobile: 514-715-7727
Email: communications@liguedesdroits.ca

Alex Nanoff, Communications Officer, Canadian Civil Liberties Association
Email: media@ccla.org
Cell: 613.709.6318