La Ligue des droits et libertés (LDL) a pris connaissance de la motion de solidarité avec le peuple palestinien amendée qui a été adoptée par le conseil municipal de la Ville de Montréal le 24 août 2026. Force est de constater que celle-ci, si elle déplore les souffrances des populations civiles, omet d’en nommer les causes. La motion adoptée ne reconnait ni le génocide à Gaza ni le régime d’apartheid israélien, et ne suspend pas les liens avec Israël.
La LDL rappelle l’impératif juridique et moral en vertu du droit international et des avis déjà émis par la Cour internationale de justice qui incombe à tous les États et leurs composantes : prendre tous les moyens nécessaires pour faire cesser les crimes et violations de droits commis par Israël contre le peuple palestinien et soutenir la pleine réalisation de son droit à l’autodétermination, sans ingérence externe.
La LDL réitère la nécessité pour la Ville de Montréal de prendre acte de ses responsabilités à l’échelle municipale en suspendant l’ensemble de ses liens institutionnels avec Israël, refusant ainsi toute complicité et toute association avec la perpétuation des crimes commis à l’endroit du peuple palestinien qui s’inscrivent dans un historique de colonisation, d’occupation, de dépossession et de violations des droits.
Une mobilisation sociale large
La LDL souligne la mobilisation sociale qui a amené le conseil municipal de la Ville de Montréal à se prononcer sur les crimes commis par Israël envers le peuple palestinien et à exprimer sa solidarité avec celui-ci, après près de trois ans de silence face au génocide en cours.
Pendant des mois, la campagne citoyenne Montréal Anti Apartheid a interpellé les élu·es lors des conseils municipaux, conseils d’arrondissements et conseils d’agglomération, menant au dépôt d’une motion en juin 2026.
Depuis, nombreuses sont les voix qui se sont exprimées pour appeler le conseil municipal à reconnaître et dénoncer le génocide et l’apartheid israélien, et à poser une action à titre de municipalité et métropole en suspendant ses liens institutionnels avec Israël. Parmi elles, plus de 1300 artistes et travailleur-euses du milieu culturel ont appuyé la motion, à l’appel du Club anti-apartheid des artistes québécois, et plus de 140 organisations et 1600 citoyen·nes et personnalités publiques ont signé la lettre ouverte Montréal doit suspendre ses liens avec Israël initiée par la Coalition du Québec URGENCE Palestine, la Ligue des droits et libertés, Amnistie internationale Canada francophone, Palestiniens et Juifs unis (PAJU) et le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN).
Ce n’est malheureusement pas la voie qu’ont suivie la majorité des membres du Conseil municipal de Montréal.
Le vivre-ensemble passe par le respect des droits humains, ici et à l’international
Comme organisation de défense des droits humains, la LDL rappelle que les gouvernements ont l’obligation de respecter, protéger et promouvoir les droits et libertés de tous·tes les citoyen·nes, dont les droits à l’égalité et à la sécurité, de même que l’importance de lutter activement contre l’antisémitisme, l’islamophobie et toutes les formes de haine, de racisme et de discrimination.
La LDL rappelle aussi que critiquer, dénoncer et manifester contre les crimes commis par Israël envers le peuple palestinien n’est pas de l’antisémitisme. Elle déplore les nombreux amalgames persistants à cet égard.
Demander la suspension des liens institutionnels de la Ville de Montréal avec Israël en raison de ses crimes envers le peuple palestinien et des violations répétées du droit international n’a rien de divisif pour la population montréalaise. Cela lui permet de consolider son vivre ensemble sur la base du respect des droits humains, ici et à l’international.
Ce sont l’injustice et les violations des droits humains qui compromettent le vivre-ensemble.
