DANS LE CADRE DES ÉLECTIONS, LES DÉCLARATIONS ET PROMESSES EXAMINÉES À LA LUMIÈRE DES DROITS ET LIBERTÉS
— vérification no 1 : école et immigration —
“L’école déborde en raison d’un trop grand nombre de nouveaux élèves qui proviennent de l’immigration”
ATTENTION !
Attribuer les défis majeurs dans le réseau public d’éducation, comme d’autres services publics, à l’affluence de nouveaux immigrant·es détourne l’attention des causes véritables de ces défis et alimente un climat d’hostilité qui menace les droits de nombreuses personnes au Québec.
CE QU'IL FAUT SAVOIR
À l’international, les discours qui font des personnes migrantes des boucs émissaires, leur attribuant la responsabilité de nombreux maux de société, préoccupent beaucoup. Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de toute forme de discrimination raciale soulignait en 2019 que les États doivent veiller à ce que « les mesures qu’ils préconisent pour remédier à la crise financière et économique n’aboutissent pas à une situation qui verrait s’accroître la pauvreté et le sous-développement, ce qui risquerait de provoquer une montée du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée à l’encontre des étrangers et des immigrants […] ».
Les discours qui se déploient au Québec depuis plusieurs années, doublé d’une nouvelle vague d’austérité, s’inscrivent directement dans cette dangereuse tendance. Ils instaurent un climat hostile aux immigrant·es, susceptible de banaliser les incidents de racisme ainsi que les souffrances rencontrées dans leur parcours migratoire. Instrumentaliser les personnes migrantes pour en faire des boucs émissaires contribue à les déshumaniser et peut servir à justifier une forme de discrimination fondée sur le statut migratoire et sur l’origine ethnoculturelle.
L’ensemble de la population doit également s’inquiéter de discours qui blâment les personnes migrantes plutôt que de reconnaitre les vraies causes des difficultés du réseau public d’éducation et des autres services publics. Plusieurs décennies d’austérité budgétaire et de sous-financement, la dégradation des infrastructures et les conditions de travail extrêmement ardues imposées au personnel des services publics sont parmi les éléments qu’il faut plutôt mettre en lumière.
CE QU'IL FAUT FAIRE
Les élu·es et candidat·es doivent centrer leurs discours et propositions sur la base de leurs engagements et responsabilités envers les droits économiques et sociaux des Québécois·es. Cela implique de mobiliser adéquatement les ressources nécessaires pour mettre en œuvre ces droits (éducation, santé, logement, etc.) au maximum des ressources disponibles, notamment en adoptant aussi des politiques fiscales et économiques permettant d’augmenter ces ressources. Ce n’est qu’en intervenant sur les causes réelles qu’il sera possible d’aspirer à un meilleur exercice du droit à l’éducation pour l’ensemble des jeunes Québécois·es.
Les élu·es et candidat·es doivent également se référer au Pacte mondial sur les migrations de 2018 , dans lequel la majorité des pays du monde dont le Canada se sont entendus sur des principes importants :
– assurer l’accès des personnes migrantes aux services de base;
– éliminer toutes les formes de discrimination;
– encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues.
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