Les débats qui ont entouré la Fierté gaie à Montréal cette année et l’année dernière concernant la place à accorder à la solidarité avec la Palestine, permettent de réfléchir à la fois sur l’interdépendance des droits et sur l’homonationalisme. Dissocier les droits humains des personnes LGBTQ+ des autres droits humains est une attitude porteuse de nombreuses dérives qu’il importe de contrer.
Ces dernières années, au nom de la sécurité, des voix revendiquent et obtiennent, comme c’est le cas au Québec, que les personnes transgenres incarcérées soient placées dans des prisons correspondant au sexe qui leur a été attribué à la naissance. Or, loin de rendre les prisons plus sûres pour quiconque, une telle mesure, particulièrement dangereuse pour ces personnes, occulte les véritables sources des violences subies dans ces lieux.
L’opposition aux droits et à la visibilité des communautés LGBTQ+ s’accentue au Québec, notamment dans le milieu scolaire. Faisant face à cette situation, le GRIS-Montréal poursuit son travail de démystification et de sensibilisation auprès des élèves. Il constate cependant une polarisation croissante des attitudes, certaines personnes se montrant de plus en plus fermées à la discussion.
En presque 50 ans, le diagnostic médical a progressivement perdu de son importance dans la reconnaissance juridique des personnes trans, laissant place à un régime encore flou de protections identitaires. Alors que l’État cherche prioritairement à cerner leur place dans le droit, les personnes trans restent confrontées à plusieurs difficultés dans leur accès aux soins transaffirmatifs. Une nouvelle approche fondée sur la démédicalisation et le respect de l’autonomie corporelle est nécessaire pour mettre fin aux inégalités qu’engendre cette situation.
Au Québec, la décision la plus récente de la Cour supérieure en matière de droits des personnes trans a été largement qualifiée de « progressiste ». Mais représente-t-elle un gain si positif pour ces personnes ? Les « victoires » juridiques sont-elles automatiquement des victoires politiques et sociales ? Examinons-la de plus près.
Le Canada et le Québec se targuent d’être des défenseurs des droits des personnes LGBTQIA2S+. Pourtant, leurs passé et présent coloniaux témoignent d’une volonté politico-juridique de bâtir une identité nationale fondée, entre autres, sur la criminalisation et la répression de pratiques échappant à la vision binaire, occidentale et cishétéronormative des genres, des sexes et des sexualités.
Dans le contexte du génocide du peuple palestinien commis par Israël, quelle est la responsabilité de Fierté Montréal à ce propos ? Quels liens y a-t-il entre la lutte palestinienne et les luttes queers ? Nous avons rencontré Zev Saltiel, membre de Voix juives indépendantes Montréal et militant du mouvement 2SLGBTQ, pour discuter de ces enjeux.
Depuis quelques années, les attaques anti-trans se multiplient au Québec, au Canada et dans de nombreux pays. De nouvelles lois et politiques viennent brimer l’avancée des droits des personnes trans pourtant déjà marginalisées. Les luttes sont nombreuses et recourent parfois, avec succès, aux tribunaux. À la haine anti-trans qui se répand, il faut aussi répondre par l’amour et les solidarités.
Après des avancées significatives pour les droits des personnes LGBTQ+, les dernières années sont marquées par la montée de discours haineux et par des reculs aux droits. Ici, au Québec, et ailleurs au Canada, les gouvernements ne se gênent pas pour contourner les Chartes et ajouter des obstacles à l’exercice des droits.
Retour à la table des matièresDroits et libertés, automne 2025/hiver 2026 Fiertés et résistances Delphine Gauthier-Boiteau et…
Au Québec comme ailleurs, dans un contexte de montée de l’extrême droite, les attaques contre les droits des personnes queer et LGBTQ+ se multiplient – menaçant parfois leur existence même. Ce dossier informe sur le recul des droits et les luttes qui se poursuivent sur plusieurs fronts.