DANS LE CADRE DES ÉLECTIONS, LES DÉCLARATIONS ET PROMESSES EXAMINÉES À LA LUMIÈRE DES DROITS ET LIBERTÉS
Vérification no 10 : racisme anti-autochtones
“[silence assourdissant]”
ATTENTION !
Les enjeux qui touchent les peuples autochtones sont largement occultés de la campagne électorale. Ce silence est symptomatique du racisme systémique et de l’approche coloniale qui sous-tendent trop souvent les (in)actions du gouvernement en matière de respect, de protection et de mise en œuvre des droits des peuples autochtones au Québec.
CE QU'IL FAUT SAVOIR
De nombreux rapports, témoignages et enquêtes publiques témoignent des nombreuses manifestations du racisme systémique à l’endroit des Autochtones au Québec.
La Commission Viens a documenté l’ampleur des violences coloniales et des discriminations vécues par les Autochtones dans certains services publics, et le décès de Joyce Echaquan a mis en relief les discriminations violentes subies dans le système de santé. Le Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones a exposé la surreprésentation des enfants autochtones dans les institutions de protection de la jeunesse et les conséquences engendrées. Un autre rapporteur onusien a soulevé que ce phénomène rend les enfants autochtones du Canada vulnérables aux formes contemporaines d’esclavage.
Les femmes et les filles autochtones au Québec encourent également des risques disproportionnés de disparition, de violence et de meurtre, comme l’a démontré une enquête nationale (ENFFADA) sur cet enjeu. Un rapport indépendant a révélé l’absence de réponse gouvernementale aux demandes pour retrouver les tombes anonymes et les corps des enfants autochtones disparus au Québec. Dans ces deux cas, l’inaction du gouvernement, les défaillances du système de justice et le manque de données font obstacle à la prise en charge de ces enjeux dans une perspective systémique.
Encore aujourd’hui, les Autochtones restent largement surreprésentés parmi les victimes de violences policières, y compris les abus à caractère sexuel, et l’impunité policière demeure un enjeu majeur.
Le bilan des dernières années du gouvernement québécois dans ce domaine est pour le moins préoccupant. Ce dernier se refuse en effet de reconnaître le caractère systémique du racisme au Québec; se bornant à le présenter comme le fruit d’actes individuels et isolés. Il refuse également de mettre en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA), ratifiée par le Canada en 2017, qui constitue aujourd’hui une référence incontournable du droit international des droits humains.
CE QU'IL FAUT FAIRE
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L’État québécois doit mettre en œuvre la DNUDPA et donner suite aux recommandations de la Commission Viens pour contrer le racisme systémique dans les services publics. Il doit adopter le Principe de Joyce pour l’accès équitable et sans discrimination aux services sociaux et de santé, et répondre aux demandes des communautés concernant leurs proches disparus ou assassinés. Reconnaître le racisme systémique constitue une étape nécessaire pour que le gouvernement du Québec établisse un dialogue de nation à nations et respecte le droit à l’autodétermination.
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